Actualité – Interview du graffeur STESI, Exposition à l’Aviation Club de France jusqu’au 6 Novembre.

J’ai rencontré Stesi pour la première fois en Mai 2013 en prenant des photos du mur de la Poterne des peupliers, pour voir les résultats de la performance de l’expo Virus 13 que j’avais raté (https://street-art-scenik.com/2013/06/20/art2rue-lxxvii-virus-13-centre-danimation-poterne-des-peupliers/).

Ce jour-là, après avoir admiré les graffs réalisés, je sors le matériel et commence à shooter, et comme d’habitude, je suis moyennement discret … Un type me mate du coin de l’œil et finit par venir m’aborder, il me demande si le graff m’intéresse [moi, grand sourire] « oui plutôt … », « Bah si tu veux je vais peindre là dans pas longtemps, j’attends juste un copain … »

Ok, on attend le copain en question, 5 minutes, la dessus je vois arriver Sure, le « papa » de V13, que je connais bien. « Ah c’est lui ! »  J’aurais du m’en douter … Sure est à l’origine de l’exposition Virus 13 et il vient souvent au mur pour peindre ou accueillir d’autres graffeurs…

Nous avons ensuite fait une séance graffiti/photo/apéro qui m’a laissé un fort bon souvenir, Stesi travaille un style bien à lui, avec des trais organiques, vaporeux, et une grande maitrise des couleurs, qu’il soit dans l’abstrait ou le figuratif.

il y a quelques jours, Stesi a eu la gentillesse de m’inviter à son dernier vernissage. Je n’ai pas hésité, j’y suis allé et j’en ai profité pour réaliser une petite interview de l’artiste avec l’aide de ma copine Catherine :

 

Catherine : Comment as-tu commencé à graffer ?

Stesi : En fait c’est mon frère qui graffait à la base, du coup je me suis pas mal inspiré de ce qu’il faisait et ça m’a aussi plu donc j’ai un peu délaissé les études pour me mettre au grafitti.

C : Et ou as-tu commencé ?

S : Plutôt dans des terrains vagues, dans le 92, vers Nanterre, Rueil, dans les Hauts-de-Seine essentiellement.

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C : Est-ce que tu as eu accès à des murs d’expression libres ?

S : Non, à l’époque ça ne m’intéressait pas en plus, ça ne m’intéresse toujours pas d’ailleurs, quand il y a des potes qui le font, par exemple dans le 13ème en l’occurrence, c’est vraiment très bien, mais alors quand il s’agit de démarcher des municipalités pour pouvoir faire quelque chose, là ça m’intéresse beaucoup moins parce que j’ai pas le temps de le faire, et faut rentrer dans leurs cadres et on est beaucoup moins libre. Autant le faire spontanément. Si on a envie de le faire, même si c’est illégal, au moins on le fait librement et on le fait par sa propre démarche, je trouve que ce n’est pas plus mal en fait.

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Guillaume : Avec les collectivités ça peut-être long d’avoir des murs ?

S : Au niveau des démarches administratives c’est clair que c’est beaucoup de temps, faut vraiment se consacrer à ça, presque à plein temps.

G : Tu n’as pas vraiment de démarche territoriale comme certains, tu ne cherches pas à graffer dans ton quartier absolument ou à t’approprier un territoire ?

S : Non, si je pose autour de chez moi c’est parce que j’ai des opportunités d’y peindre, c’est juste ça. Je sais qu’il y’ en a qui sont dans ce truc mais c’est vraiment pas le mien.

C : Et à partir de quel moment t’es-tu dit que tu allais commencer à exposer, à faire autre chose que du street-art ?

S : Ben tout simplement parce que j’ai eu pas mal d’amendes et que je me suis dit que de toute façon, je pouvais peut-être essayer de faire un petit complément financier. Du coup ça m’a permis de bosser et finaliser un peu plus mon travail et ça a été aussi un épanouissement quelque part de pouvoir me mettre sur un support comme la toile.

C : Ce sont deux démarches différentes pour toi en fait ?

S : Ouais, même si au niveau de la technique, les deux sont sympas. Je suis passé à la toile dans un premier temps parce que je pouvais bosser ce format la chez moi et pas dans l’illégalité et qu’ensuite je pouvais les vendre, c’est vraiment uniquement comme cela que ça s’est passé.

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C : Quels ont été tes premiers lieux d’expositions ?

S : Les premières expos que j’ai faites… plutôt des endroits municipaux, c’est pas par facilité, mais c’est vraiment les premiers contacts qu’on avait et ça s’est fait comme ça.

C : Est-ce que tu ressens la même chose en peignant sur toile plutôt que dans la rue ?

S : Oui à peu près pareil, sauf que quand tu es dans la rue, tu fais comme des performances, c’est-à-dire que tu présentes ton travail aux gens, des gens qui connaissent pas du tout le milieu ou l’art, qui te demandent ce que tu fais. Et même si c’est des petits de 6-7 ans qui vont jouer au foot et qui te disent en passant « C’est quoi ça ?» t’es content de leur répondre et de leur faire découvrir un peu ta passion. Après y’a des gens plus réac que d’autres mais c’est vrai que quand c’est des petits jeunes ou des vieilles dames, c’est touchant de leur faire d découvrir quelque chose qu’ils ne connaissaient pas forcément bien.

C : Est-ce que ton style a beaucoup évolué en passant du street-art à la toile ?

S : En fait indépendamment du support, mon style a évolué, j’essaye de continuer à évoluer, mais que ce soit sur mur ou sur toile je fais toujours la même chose et je me limite pas à me dire « là c’est une toile, faut que je progresse dessus ».

G : Le fait de peindre sur toile n’a pas eu un effet libérateur par rapport aux codes du graff, les lettrages, les formes, qui te permettent d’approfondir ce que tu fais dans la rue ?

S : Oui c’est vrai c’est un peu ça, le cadre est aussi limité, donc faut s’adapter au support, être plus précis, avoir des outils plus précis, des marqueurs, des pinceaux pour aller plus dans le détail, en fait je trouve que ça rend aussi bien au final.

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G : Comment as-tu découvert l’aviation club pour cette exposition, par relation ?

S : Oui exactement, et je trouve que c’est un lieu d’exposition vraiment génial, ça fait un contraste entre des œuvres colorés dans un style un peu organique, un peu abstraites, dans un cadre très fini, ancien, avec des boiseries.

G : Ce n’est pas la première fois que tu exposes ?

S : Non j’ai déjà fait des ventes aux enchères, mais c’est vrai que ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour faire découvrir son travail car les enchères c’est tout un système un peu commercial, c’est plus du business que présenter des œuvres. J’ai fait quelques expos collectives aussi mais peu, c’est vrai qu’à la base mon travail s’oriente plus sur la rue, ceci dit je produits des toiles depuis déjà quelques temps, mais je n’ai jamais voulu passer le cap d’être artiste à plein temps.

G : Tu as donc une activité à plein temps à côté du graffiti ?

S : Oui je travaille dans un service de comptabilité. Ça me fait une sécurité financière et me permet d’exercer ma passion. Si par exemple on me propose de peindre des camions, je peux le faire sans contrepartie car je ne vis pas de ça.

G : Si tu pouvais te consacrer à 100% à ta passion, tu le ferais ou préfère-tu pouvoir financer ton art comme tu l’entends, sans rendre de comptes ?

S : Oui je préférais mais le truc c’est que je ne peux pas me le permettre, comme beaucoup de gens, comme toi je suppose avec la photo …

G : Oui effectivement je connais bien c’est pour cela que je pose la question !

Tu comptes exposer ailleurs prochainement ?

S : Non je ne sais pas encore, c’est à suivre [rires] …

 

Retrouvez les œuvres de STESI jusqu’au 6 Novembre 2013 à l’Aviation Club de France, 104 Avenue des Champs Élysées  75008 Paris.

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